LE JOURNAL DE LA PERPLEXITE : L’HOMME MENSONGER
Il ment comme il respire. Sur tout. Sur ses études. Sur son passé militaire. Sur ses engagements. Sur ses retournements. Sur ses parents. Sur ses écritures. Sur ses déclarations. Plutôt que de se retirer dans sa maison de campagne et de cultiver son jardin, s’acquitter de ses ablutions et de ses recueillements, il ne cesse de courir les écrans. Il ne sait pas que la vie a gravé ses mensonges sur son visage, les a tressés autour de sa voix, les a communiqués à ses gestes. Mais il a passé l’âge de changer de visage et de s’arracher aux écrans qui lui tiennent lieu de miroirs. Il convainc plus que de sa duplicité.
Photo : Le Mensonge, Salvator Rosa (1650)