JOURNAL DE LA PERPLEXITE : RELENTS DE NAPHTALINE

JOURNAL DE LA PERPLEXITE : RELENTS DE NAPHTALINE

Un jour, il se mit à fleurer la naphtaline. Elle ne le quittait plus. Il avait beau ouvrir les fenêtres, l’odeur persistait. Il décida d'aérer sa vie. Il chaula les murs, refit les moquettes, changea le mobilier. Il déménagea, divorça, se remaria. Il changea de ville. Malgré son départ, l’odeur collait à lui. Elle n’était pas particulièrement désagréable. C'était l’odeur de ses souvenirs les plus chers. Les cols ravaudés, les taies d’oreiller, les photos jaunies. Il avait mené une vie embaumée, il ne se doutait pas que ses souvenirs l’accompagneraient pour l’éternité. C’était sa sainte mère, morte des décennies avant lui, qui avait glissé des boules de naphtaline dans sa tombe.

Back to blog